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Quand Google refuse un recours au « Droit à l’oubli »

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Google : rapide dans l’exécution de la décision de la CJUE

La récente décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne sur le sujet du « Droit à l’oublie » ; et la mise en place, avec célérité, de l’outil de Google ; nous a permis de faire quelques tests et d’éprouver la prise de décision du support de Google face aux requêtes de désindexation d’informations obsolètes. Nous présentons ici à quoi peut ressembler un refus de Google face à une manipulation tendant à protéger l’e-réputation d’une personne physique.

Faire oublier Google : Contexte de l’expérience

En l’occurrence il s’agissait d’une problématique classique dans la gestion de l’e-réputation d’une personne physique, à savoir aider une jeune fille à effacer une trace de son engagement ponctuel dans les événements proches du mouvement : « Manif pour Tous ». Un journaliste, avec une volonté de nuire ou non, a cité cette jeune fille sur un blog d’information et l’a visée comme étant : engagée, militante pro-vie, proche de Christine BOUTIN. Sans jugement de valeur de notre part ou de celle du journaliste, nous pouvions comprendre que ces informations inexactes et « déjà ! » obsolètes pourraient s’avérer gênantes. En effet, il n’a pas fallu longtemps pour que l’article du blog se glisse en première page de résultats Google pour une requête correspondant aux nom et prénom de la jeune fille, entre ses profils sur les réseaux sociaux professionnels et récréatifs. Le journaliste est resté injoignable.

Par curiosité nous avons tenté une requête auprès de Google via son nouveau dispositif, afin de comprendre et de voir comment cette problématique serait analysée.

La réponse n’a mis que tout au plus 24h à nous parvenir.

Exemple de réponse négative de Google

« Bonjour,

Merci de votre réclamation ci-jointe. Après examen de votre demande, nous avons décidé de ne prendre aucune mesure pour l’instant. […]Dans le cas présent, il semble que les URLs identifiées contiennent des informations vous concernant qui restent pertinentes et d’actualité. En conséquence, nous avons déterminé que le renvoi à ces documents dans nos résultats de recherche est justifié par l’intérêt du public à y avoir accès. Si vous n’êtes pas d’accord avec notre décision, vous pouvez peut-être soumettre votre problème à l’autorité chargée de la protection des données dans votre pays. […]

Bien cordialement, L’Équipe Google »

 Analyse d’un refus de Google : Pertinence et actualité

Nous manquons de détails pour comprendre précisément quels points ont conduit le support de Google à prendre une décision de refus plutôt que son contraire mais nous pouvons déduire tout de même que : La pertinence et l’actualité en sont des critères essentiels.

L’engagement associatif et politique « déformé » de notre sujet test, il y a environ une année en arrière, n’est pas concerné par l’outil selon le support. Le public a un intérêt à avoir accès à ces informations. Toute erreur du journaliste devrait faire alors l’objet d’une procédure adéquate de réponse ou d’action en diffamation (s’il y a lieu d’être).
L’outil de Google n’est sans doute pas l’instrument magique d’un juge privé dont tout le monde avait peur. L’équipe de Google reste sans doute très prudente et défendra, sans doute, l’accès à l’information par le public et la Liberté d’expression : comme elle l’a toujours fait.