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Review Skeptic : l’outil qui traque les faux avis

Pinocchio

Après des années d’étude et de développement, des chercheurs de l’Université de Cornell ont mis en ligne un outil permettant de détecter les faux avis de consommateurs pour un taux de réussite de 90%

Le détecteur de mensonges

Review Skeptic permet à n’importe quel internaute de tester la fiabilité d’un avis de consommateur. L’outil se fonde sur une analyse textuelle de l’avis.

Une fonctionnalité optionnelle permet également de contribuer à l’amélioration de l’outil en indiquant l’authenticité ou non de l’avis si l’internaute connaît cette information.

Comment ça marche ?

Ces chercheurs ont identifié des éléments sémantiques et textuels propres aux avis authentiques ou falsifiés.

Ainsi, insister sur les personnes accompagnatrices, faire un usage répété de la première personne (Moi je), répéter le nom de l’entreprise et la ville sont fortement associés aux faux avis de consommateurs. De manière moins spécifique, un abus des points d’exclamation, une utilisation excessive des adverbes « très » ou « vraiment , l’utilisation de verbes successifs, alors que cela est inutile, peuvent également donner un indice aux internautes ou à un outil automatisé sur le caractère factice d’un avis.

E-réputation : Une course entre algorithmes et faussaires

Review Skeptic semble très performant, mais pourrait-il sortir vainqueur d’une course entre faussaires et experts en algorithmes ? Certainement pas selon Andreas MUNZEL, Maître de conférences en marketing, sur le journal du CNRS, Monsieur MUNZEL appuie toutefois le fait que l’internaute peut se référer à des éléments contextuels d’un avis pour en évaluer la véracité.

Peut-on observer une cohérence entre la moyenne des notes données aux produits et services concernés et la note excessivement positive ou négative ?

L’auteur de l’avis révèle-t-il des informations personnelles sur son identité et le contexte de son expérience avec les produits et services concernés ?

En est-il à son premier avis laissé sur le site concerné ? Ce sont autant d’indices sur la véracité des propos tenus ou si l’internaute fait face à une forme de pratique commerciale trompeuse !

De nombreuses agences e-réputation vendent des services très optimisés de rédaction de faux avis, avec des équipes disséminés à travers le monde. Ces entreprises sauront très certainement déjouer les algorithmes et les méthodes d’évaluation contextuelle des faux avis, par appât du gain.

Une norme française au secours de la fiabilité des sites d’avis

Cependant, une norme AFNOR, a vu le jour il y a presque un an, en juillet 2014 au sujet des avis de consommateurs. Cette norme impose des éléments qui sont à même d’empêcher toute activité professionnelle, déloyale et trompeuse dans la création de faux avis de consommateurs.

Ces avis normés ne doivent pas être achetés, l’auteur des avis doit pouvoir être identifié par la direction de publication et la modération même si son identité n’est pas publiée. De manière optionnelle, la fourniture d’une preuve de l’expérience de consommation semble être appréciée mais on peut déplorer qu’elle ne soit pas obligatoire. On peut évidemment penser que cette obligation aurait pu rendre un peu rigide le dépôt de témoignages. Mais ne serait-ce pas le prix à payer pour que les entreprises et les consommateurs puissent avoir une confiance raisonnable dans les avis de consommateurs ? Confiance qui se dégrade au gré des scandales.